Dissonance cognitive comme un levier au changement
La semaine dernière, nous avons abordé le biais cognitif qu’est la dissonance cognitive, en nous intéressant notamment au rôle qu’elle peut jouer comme frein au changement. Aujourd’hui, nous allons voir comment ce même biais peut, à l’inverse, être mobilisé pour favoriser l’adoption de comportements pro-environnementaux durables.
Jean-Léon Beauvois, en collaboration avec Robert-Vincent Joule, s’est appuyé sur cette théorie pour développer une approche appliquée : la soumission librement consentie. Plutôt que de se limiter à décrire la dissonance cognitive, il l’utilise comme un véritable levier d’influence. Il montre que lorsqu’une personne agit librement (ou pense agir librement) elle est plus encline à ajuster ses attitudes en cohérence avec son comportement.
Ce réalignement s’opère souvent de manière inconsciente et durable, car il permet de réduire l’écart perçu entre l’image que l’individu a de lui-même et l’action qu’il a réalisée. Autrement dit, pour préserver une certaine cohérence interne, la personne modifie ses convictions en fonction de ses actes.
Beauvois fait ainsi de la dissonance cognitive un outil de transformation des comportements, en s’appuyant sur des techniques d’engagement progressif. Cette approche s’avère particulièrement efficace dans des domaines tels que l’éducation, la société ou encore la transition écologique, où elle permet d’encourager des changements profonds et durables.
Si ce sujet vous intéresse et que vous souhaitez l’approfondir, je vous invite à lire “ Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens” écrit par Joule et Beauvois en 1987.
