Mathilde Menoud
à 10:54

Information relayée depuis la communauté Ecoles de demain :

Démarche de réduction des COV dans les produits d'entretien en ERP. Ecole primaire publique et restaurant scolaire de Neulise

Synthèse de l’étude
Dans le cadre du Plan Régional Ozone et du Plan Régional Santé Environnement 4 (PRSE 4), la DREAL
Auvergne-Rhône-Alpes a retenu la commune de Neulise pour participer à une démarche visant à
réduire l’exposition aux Composés Organiques Volatils (COV) issus des produits d’entretien utilisés
dans l’école publique et le restaurant scolaire.
L’accompagnement a reposé sur un diagnostic initial comprenant deux campagnes de mesures de
Qualité de l’Air Intérieur (QAI), complétées par des actions de sensibilisation des agents et la co-
construction d’un nouveau protocole de ménage. Les mesures ont porté à la fois sur des indicateurs de
confort (température, humidité relative, CO₂) et sur plusieurs polluants ciblés (COV totaux,
formaldéhyde, limonène, eucalyptol).
Confort hygrothermique
Les salles de classe présentent des températures relativement élevées (22,4 °C en moyenne, et jamais
en dessous de 20 °C), tandis que l’humidité relative est faible (30 % en moyenne contre 40–60 %
recommandés), et est source d’inconfort et de potentielles irritations respiratoires. Le fonctionnement
continu du chauffage contribue à l’assèchement de l’air ; une régulation plus fine améliorerait le confort
tout en réduisant les consommations énergétiques.
Polluants et renouvellement d’air
Les concentrations mesurées en COV totaux et en molécules ciblées ne révèlent pas de niveaux
préoccupants, tant en mesures passives qu’actives. Néanmoins, l’absence de système de ventilation
mécanique limite la dilution et l’évacuation des polluants. Ainsi, lors d’émissions ponctuelles mais
soutenues (activités de peinture, par exemple), plusieurs jours peuvent être nécessaires pour retrouver
des niveaux bas.
Le suivi du CO₂ met en évidence des dépassements réguliers du seuil recommandé de 800 ppm, sans
toutefois atteindre des valeurs très élevées. Cette situation pourrait s’expliquer par la hauteur sous
plafond et la forte perméabilité à l’air du bâtiment, qui assurent un renouvellement d’air non maîtrisé.
Ce point constitue un enjeu majeur en perspective d’une future rénovation thermique : un renforcement
de l’étanchéité sans mise en place d’une ventilation adaptée entraînerait un risque important de
dégradation de la QAI.
Les données montrent également des pratiques d’aération ponctuelles, efficaces pour réduire
temporairement les concentrations de polluants. Celles-ci gagneraient à être systématisées lors des
activités émissives et du ménage, mais ne peuvent se substituer à un système de ventilation performant,
en particulier en cas d’émissions continues.
Enseignements et recommandations
Au regard des résultats disponibles, les produits d’entretien ne sembleraient pas constituer la
contribution principale aux quelques concentrations de COV observées dans l’établissement. Les
niveaux mesurés restent faibles et inférieurs aux repères sanitaires. Les variations observées peuvent
s’expliquer par l’ensemble des usages courants du bâtiment, incluant notamment l’utilisation et le
stockage de fournitures scolaires, ainsi que d’autres paramètres liés au fonctionnement normal des
locaux.
Globalement, les résultats traduisent une qualité de l’air intérieur cohérente avec les usages habituels
de l’établissement et ne présentant pas de caractère préoccupant à ce stade.
Les principales recommandations formulées sont les suivantes :
 Rétablir et assurer l’entretien pérenne des systèmes de ventilation, notamment dans l’école ;
 Systématiser l’aération, en particulier pendant et après le ménage, lors des pauses méridiennes
et après des activités émissives ;
 Réduire les sources de COV à la source en privilégiant des produits écolabellisés, en limitant le
nombre de références et en évitant les produits à base de parfum ou sous forme de spray ;
 Poursuivre et renforcer la sensibilisation des usagers (agents d’entretien, enseignants, et à
terme élèves) afin d’ancrer durablement les bonnes pratiques en matière de QAI.