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« No parking, no business » en centre-ville : un mythe à déconstruire

« No parking, no business » en centre-ville : un mythe à déconstruire
Général

L’idée selon laquelle restreindre la place des voitures en centre-ville nuit au commerce de proximité reste ancrée, alors qu’elle est fausse.

6 commentaires

  • Dominique Harriague

    le 30/05/2024 à 18:47

    #1

    Dommage que l'article n'évoque pas le côté un peu plus sombre : quid des risques de touristification et de gentrification résidentielle, quand ce n'est pas dès le départ un objectif politique ?

  • Stéphanie Favre

    le 31/05/2024 à 08:07

    #2

    Bonjour Dominique. est-ce que vous avez connaissance d'étude ou d'analyse portant sur les évolutions sociétales d'occupation des espaces(ou autre inégalités territoriales) en lien avec la création de zone piétonne ou de pistes cyclables ?

  • Dominique Harriague

    le 31/05/2024 à 13:01

    #3

    Bonjour Stéphanie,

    J'ai juste lu quelques textes en ligne, les trois textes suivants m'ayant semblé les mieux documentés :

    CERTU 2012 https://www.cerema.fr/fr/centre-ressources/boutique/commerce-zones-priorite-pietonne
    Brenac  2014 https://hal.science/hal-00941866v2/document
    Beal 2014 https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-beal.pdf

    Je n'ai pas trouvé d'analyse critique de ces documents, mais je n'ai pas été bien loin, étant en dehors de mon champ de compétences.

    En revanche, après trente ans de vie professionnelle dans le centre de Biarritz, je n'ai aucun doute à titre personnel sur les conséquences sociétales négatives de la "piétonnisation" telle qu'elle y est pratiquée : renchérissement majeur du foncier chassant les faibles revenus vers un péri urbain déjà saturé et tout aussi cher, pullulation quasi exclusive des commerces de bouche et de luxe, dépenses d'aménagement majeures privant la périphérie d'une grande partie des ressources allouables.

    Concernant les aménagements cyclables, l'agglomération entière se caractérise (comme un peu partout) par la prolifération sur les trottoirs "d'espaces partagés" ou de "voies vertes", au détriment de l'accessibilité qui n'était déjà pas fameuse et donc de la "piétonnisation". Dans des villes de "vieux" comme les nôtres, les conflits piétons cyclistes, en se multipliant conduisent (entre autres) au retrait de l'espace public et à la désocialisation (souvent mortelle) de nombreuses personnes âgées, essentiellement des femmes. Et malheureusement, ces conflits se multiplient encore dans les aires piétonnes, la majorité des cyclistes n'ayant apparemment jamais été informée de ce qu'est la vitesse du pas !

    Concernant l'observatoire des accidents piéton et cycliste réglementairement prévu, pas de nouvelle, les élus préférant se prévaloir de l'absence ou de la rareté des évènements indésirables recensés dans les BAAC. Alors, les frôlements et autres presqu'accidents, ce sera pour beaucoup plus tard.

  • Lucie LAMBALLAIS

    le 04/06/2024 à 10:53

    #4

    Merci pour ce partage, l'article de Brenac est très intéressant. J'aurai aimé trouver des travaux plus récents chez lui et ses co-autrices, ce serait intéressant d'avoir une actualisation.

    Malgré ces effets négatifs, la piétonnisation présente aussi des effets positifs, alors que fait-on ? Une piste semble intéressante au regard des critiques formulées : veiller à l'équité territoriale. Sur ce sujet en particulier ça se traduit en ne piétonnisant pas que nos centre-villes phare mais aussi d'autres pôles de vie (même s'ils n'attireront jamais les touristes, ils contribuent à la qualité de vie des locaux).

  • Stéphanie Favre

    le 07/06/2024 à 15:31

    #5

    Bonjour

    Pour compléter les échanges, je vous recommande les lectures suivantes :

    - Concernant l'accitentologie, effectivement, les données chiffres peuvent corroborer le sentiment d'insécurité des personnes agées piétonnes en ville mais ce sont des véhicules motorisés qui sont majoritairement impliqués. : https://www.onisr.securite-routiere.gouv.fr/etat-de-linsecurite-routiere/bilans-annuels-de-la-securite-routiere/bilan-2022-de-la-securite-routiere

    Ce qui n'empêche pas de se poser la question des conflits d'usage avec l'augmentation des cyclistes en ville (et de la responsabilisation des cyclistes dans l'apaisement des circulation sur les parcours dédiés aux piétons).

    - concernant les inégalités, il y a un récent travail d'analyse dans les quartier prioritaire de la ville, disponible ici : https://agence-cohesion-territoires.gouv.fr/sites/default/files/2024-04/guide-a-pied-et-a-velo-dans-les-quartiers-prioritaires.pdf

    Document qui intérroge également sur le maillage du territoire et des liaisons piétonnes entre les différents quartier, comme le suggère L. Lamballais.

     

     
     
  • Dominique Harriague

    le 08/06/2024 à 07:54

    #6

    Merci de ce partage que je souhaite compléter dans un sens plus épidémiologique.

    En premier lieu, je vous rappelle l'impérieuse nécessité de "redresser" les chiffres de l'ONISR pour pallier au sous enregistrement massif des accidents piétons et cyclistes non graves (https://www.onisr.securite-routiere.gouv.fr/etudes-recherches/victimes/blessures/methode-de-redressement-du-nombre-de-blesses-de-la-route)

    En second, je vous conseille de reprendre à l'envers les chiffres de la pyramide de Bird (1 accident mortel, 10 accidents graves, 30 peu graves et 600 presqu'accidents), puis de consulter la reco de l'HAS sur la prévention des chutes (https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/Prevention_chutes_recos.pdf). Vous pourrez y lire en page 6 :"Indépendamment du risque fracturaire, l’impact psychologique de la chute peut être majeur. La peur de tomber existe chez de nombreuses personnes âgées, avant même toute chute"

    Le concept du syndrome post-chute est en effet abandonné et il convient donc aujourd'hui de s'intéresser aux "presque accidents" de Bird, ce qui dans mon propos peut s'assimiler aux sympathiques frôlements entre cyclistes plus ou moins pressés et piétons flâneurs.

    Même s'il n'y a pas à ma connaissance d'étude statistiquement valable sur ce sujet, on change carrément d'échelle et l'observation directe permet de se rendre compte que la distance d'un mètre n'est pas souvent respectée, sans même s'interroger sur les motivations des intervenants.

    Concernant la prévalence en général de la "peur de tomber" (ou chuter), je vous conseille cette revue de la littérature (https://www.dovepress.com/getfile.php?fileID=49339) et cette évaluation longitudinale (https://archipel.uqam.ca/11601/1/D3485.pdf)

    Interroger psychiatres, gériatres, rééducateurs... pourrait s'avérer instructif et je répète qu'il est "dommage" que l'obligation réglementaire de suivi dans les PDM des accidents piétons et cyclistes ne soit pas suivie. Mais veut-on savoir ?