Le projet SéRENOS propose d’explorer les conséquences de l’extinction nocturne sur les enjeux de sécurité routière. Dans le cadre de démarches visant à réduire l’impact environnemental et les dépenses énergétiques, un nombre croissant de communes adopte des politiques de diminution, voire d’extinction de l’éclairage public sur tout ou une partie de leur parc d’éclairage. Ce rapport s’intéresse à l’influence de l’éclairage public sur l’accidentalité routière en France entre 2012 et 2024, à partir des données du Bulletin d’Analyse des Accidents Corporels (BAAC) et propose de discriminer la typologie des accidents nocturnes. Une analyse descriptive des accidents selon la lumière, la sévérité, le lieu, et les modes de déplacement est d’abord effectuée, puis plusieurs méthodes statistiques sont mobilisées, telles que des tests du 2, le calcul du V de Cramer, l’Analyse des Correspondances (AC) et l’Analyse des Correspondances Multiples (ACM). Les résultats montrent une vulnérabilité accrue des piétons, cyclistes et deux-roues motorisés la nuit en l’absence d’éclairage public. Ils mettent également en évidence des typologies différentes des accidents nocturnes selon l’absence ou la présence d’éclairage public en fonction de la configuration des lieux d’accidents et de facteurs des usagers telle que l’alcoolémie. Ces analyses soulignent cependant certaines limites des données, liées au déséquilibre des classes et à la corrélation intrinsèque entre la présence d’éclairage et la typologie des infrastructures. Dans ce cadre, il apparaît que les typologies d’accidents nocturnes selon l’éclairage public reflètent davantage les caractéristiques des routes que l’éclairage public en tant que facteur direct. Pour dépasser ce biais, il apparaît nécessaire de comparer des contextes homogènes où seule la présence ou l’extinction de l’éclairage varie. Le Work Package 3 du projet, fondé sur le croisement des données d’accidents avec les données satellitaires de radiance nocturne (VIIRS), offrira cette opportunité en permettant une évaluation plus robuste de l’impact réel de l’éclairage public sur l’occurrence des accidents.