Cette étude propose un benchmark de la logistique urbaine fluviale (LUF) à partir de retours d’expérience dans plusieurs métropoles européennes, dans le cadre des stratégies locales de décarbonation et de dépollution du transport de marchandises. Dans un contexte de forte pression environnementale liée aux émissions du transport routier, les collectivités mobilisent des politiques publiques visant à réduire les polluants atmosphériques et à favoriser le report modal. La LUF s’inscrit dans ces stratégies comme un levier complémentaire de décarbonation, en association avec la cyclologistique et l’électrification des véhicules, notamment pour les flux massifiés. L’analyse comparative des cas de Paris, Strasbourg et Lyon met en évidence des modalités de développement différentes. À Paris, la LUF est fortement liée aux politiques publiques et aux grands projets urbains, avec une diversité d’usages opérationnels. À Strasbourg, elle s’appuie sur une organisation déjà opérationnelle et intégrée dans la logistique urbaine quotidienne via des solutions hybrides fluvial–cyclologistique. À Lyon, le développement repose davantage sur des expérimentations et des usages ciblés, encore en phase de structuration. Les retours d’expérience soulignent le rôle central des acteurs publics dans la structuration des projets, ainsi que celui des opérateurs privés dans leur mise en œuvre opérationnelle. Ils montrent également que la LUF dépend de plusieurs conditions clés : disponibilité du foncier portuaire, coordination intermodale, soutien public et viabilité économique des modèles. En conclusion, la LUF constitue un levier concret des stratégies locales de transition écologique, mais son développement reste conditionné à la capacité des territoires à stabiliser, coordonner et pérenniser des chaînes logistiques multimodales bas carbone.