DOSSIER. Plus de la moitié des communes de Haute-Corse concernées par l’amiante environnemental
Depuis une vingtaine d’années, les travaux du Bureau des Recherches Géologiques et Minières ont mis en évidence la présence de roches amiantifères sur 139 communes du département, principalement situées dans le Cap Corse, le Nebbiu et la Castagniccia. Depuis les années 1970, les risques de maladies graves liés à une exposition à l’amiante n’ont cessé d’être démontrés. S’ils sont la plupart du temps corrélés à une activité professionnelle dans le bâtiment, ces risques peuvent aussi concerner les personnes vivant à proximité d’affleurements d’amiante environnemental, même si ceux-ci ne constituent pas une menace tant que les fibres ne sont pas libérées.
De par sa géologie, le département de la Haute-Corse est très concerné par la présence de massifs de roches contenant ou susceptibles de contenir de l’amiante. Une caractéristique qui a donc conduit l’Office de l’Environnement de la Corse à missionner le Bureau des Recherches Géologiques et Minières (BRGM) pour établir une cartographie recensant les principales zones amiantifères en Corse en 2009.
« L’amiante correspond à une substance minérale qui fait référence à six variétés spécifiques. La première, qui est la plus connue et la plus répandue, s’appelle le chrysotile. Cela correspond à 90% de l’amiante qui a été exploité et avec lequel on a créé des matériaux industriels. Ensuite, on a cinq autres variétés d’amphiboles que l’on appelle actinolite-amiante, trémolite-amiante, anthophyllite-amiante, crocidolite et amosite », explique Charlène Coutin, géologue régionale au BRGM à Bastia, chargée des travaux géologiques sur l’amiante dans l’environnement naturel, en développant : « En Corse, on trouve beaucoup le chrysotile qui est présent dans les serpentinites, et ensuite on retrouve deux variétés d’amphiboles assez répandues qui sont l’actinolite et la trémolite amiante. Ces minéraux fibreux peuvent être localement présents dans des roches comme les métabalsates ou les métagabbros de Haute-Corse, le plus souvent le long de fissures ouvertes parcourant la roche ».

